Mon roman

   Ruines

                                                               Et la critique

Voici comment Jean Marigny traite de mon roman « Ruines » dans ses études universitaires, ses interventions en colloques, etc.

 

Mon roman "Ruines" est de nouveau cité comme référence par Jean Marigny, le spécialiste du vampire en littérature. Il m'avait déjà cité à trois reprises dans la suite de sa thèse de doctorat : "Le vampire dans la littérature du XXe siècle". (Sa thèse portait sur "Le vampire dans la littérature anglosaxonne")

Et là je viens de recevoir deux ouvrages :

1)  "Le vampirisme et ses formes dans les lettres et les arts", compte rendu d'un colloque d'universitaires dirigé par Jean Marigny, et au cours duquel il a déclaré : "(...) des romans que l'on peut considérer comme des classiques", il cite bien sûr plusieurs romans et le mien : "Ruines (1998) d'Alain Pelosato"

2) "La fascination des vampires" où il écrit : "Les meilleurs romans sur le thème du vampirisme, outre la qualité du style, sont ceux qui font un effort d'originalité et qui donnent à leur personnage une réalité psychologique." Et il ajoute : « Parmi les meilleurs romans francophones » ; il cite plusieurs ouvrages et le mien : "Ruines d'Alain Pelosato où d'étranges vampires venus d'autres dimensions viennent s'immiscer parmi les humains".  Givors, le 17 septembre 2009

Voici ce qu’il écrit dans son ouvrage « Le vampire dans la littérature du XXe siècle » (2003) :

« Parmi les meilleurs romans des deux dernières décennies du siècle on peut citer (il cite plusieurs livres et…) Ruines d’Alain Pelosato (1998) » (…)

« Le but est parfois de donner l’illusion au lecteur que l’on s’ancre dans la convention pour mieux la subvertir, comme dans Ruines d’Alain Pelosato qui, sur le plan purement narratologique, donne l’impression fausse d’aller sur des sentiers battus. Dans ce roman, en effet, un psychiatre, dont l’un des malades a un comportement particulièrement étrange fait appel à un détective privé pour résoudre le mystère, et c’est l’enquête entreprise qui constitue l’intrigue comme dans les nouvelles et feuilletons du début du siècle. L’originalité ici ne réside pas dans la manière de raconter l’histoire, mais dans le traitement thématique du vampire. »(…)

« Faut-il considérer ces romans comme appartenant au fantastique ou de la science-fiction ? On peut se poser la même question à propos de Ruines d’Alain Pelosato qui pourrait être considéré comme un roman de science-fiction dans la mesure où les vampires sont ici des êtres qui viennent d’une autre dimension, mais qui est écrit comme un roman fantastique où la raison se perd. Cette ambiguïté est d’ailleurs soulignée par deux citations en exergue qui ouvrent le roman : la première de Dom Calmet, qui définit les vampires comme des revenants, et la seconde qui est issue d’un « traité de botanique des mondes extérieurs » et qui décrit les ophrys, orchidées ressemblant à des insectes. »

Dans sa contribution au colloque de Cerisy sur : « SF et imaginaires contemporains de France » (2006) il écrit : « (…) dans de nombreux récits de science fiction le vampire traditionnel a souvent une origine extraterrestre. (…) Dans le roman d'Alain Pelosato, enfin, Ruines (1998), les vampires sont des êtres venus d'une autre dimension. 

Ce qu’il  dit dans une interview à propos de ”Ruines” :

Gaston Compère, Michel Pagel et Alain Pelosato pour le domaine francophone, (…) ont su apporter une contribution personnelle et originale au mythe littéraire du vampire.Jean Marigny

 

Dans la revue Phénix

 

Comme dans son précédent roman, La compagnie des clones (voir critique in Phénix 46), Alain Pelosato se montre obsédé par le thème de l'exploitation. Mais ici, l'exploitation est plus fantastique. C'est celle d'un peuple de vampires, habitant un monde parallèle au nôtre, et établissant des « passages » grâce à des passeurs telle Véronique, dont nous suivons l'itinéraire. Mais voici Anatole Krim, qui passera de l' « autre côté », y sera enrôlé comme conscrit (remarquable moment d'écriture) mais en reviendra, tuant la « gardienne ». Dès lors, tout bascule. Entre en scène Jean Calmet, détective. Il poursuivra non seulement Véronique, mais également tous les vampires désirant ouvrir de nouveaux passages depuis la fermeture de celui détruit par Krim, car il y va de leur survie. Hallucinants voyages entre notre monde et « le Monde de M(ort) ». Le roman tiendra alors presque du polar, pour se terminer par une énigme en forme de renaissance... Moins fermement tenu que le précédent, Ruines fascine par la beauté de certaines images, par la perception du monde vampiresque (très éloigné de Dracula, rassurez-vous), et, surtout, par l'approche psychologique des trois personnages principaux, et essentiellement Krim le psychopathe et Véronique l'ambiguë.

Bruno PEETERS - Première parution : 1/1/1999 dans Phenix No 49 et mis en ligne sur le site en 2003

 

Dans la revue Requiem N° 9 (archives du vampirisme) : R U I N E S Alain PELOSATO ….Une vampire déguisée en fleur..

 

Jean Calmet, détective privé de son état, et descendant du fameux R.P Calmet (auteur du Traité sur les vampires) est appelé par son psychanalyste et ami Louis Maville pour l’aider à résoudre le cas d’un de ses malades : le criminel Anatole Krim.

Le docteur Maville lui confie alors une cassette vidéo de ses entretiens avec Anatole Krim. Jean Calmet est tout de suite intrigué par l’histoire de cet assassin qui raconte avoir voyagé dans un monde parallèle au nôtre gouverné par des vampires qui envisagent de venir s’installer sur notre monde.

Son ami psychanalyste étant assassiné lors d’une séance par Anatole. Jean Calmet décide de se mettre à la recherche du meurtrier en fuite.

Son point de départ est une auberge où travaille une séduisante serveuse, Véronique, qui est à l’origine du passage d’Anatole dans le monde parallèle. Celle-ci l’ayant séduit et entraîné dans une vieille demeure bourgeoise qui possède un « passage ».

Dans ce monde policier, les êtres humains sont divisés en deux catégories : les servants (policiers et ouvriers) et le bétail humain qui vit dans de gigantesques ghettos des banlieues où ils sont impitoyablement décimés. Mais une mutation biologique a créé les « monstres », des enfants dont le sang permet de tuer à petit feu les vampires.

Or ceux-ci ne sont plus que quelques-uns et se sentent menacés d’une part par la révolte des « monstres » et d’autre part par l’état policier qu’ils ont mis en place et qu’ils ne maîtrisent plus.

Peu à peu, Jean Calmet va dénouer les fils d’un complot interplanétaire et démasquer ceux qui parmi nous protègent les « passages » cachés dans les HLM abandonnées ou les vieux châteaux polonais.

Si l’amorce du romain d’Alain Pelosato est un peu difficile, on a beaucoup de mal ensuite à lâcher l’enquête de son héros Jean Calmet jusqu’au dénouement.

L’idée même et l’utilisation d’un monde parallèle saura séduire les fans de Philip K.Dick et de ce type de récit dont on peut apprécier l’allégorie politique (en ces temps où il ne fait pas bon être dictateur).

Côté vampires, certains seront un peu déçus. L’auteur a privilégié la puissance de séduction des vampires. L’idée d’un « labelle » est très intéressante, il a reproduit la technique qu’utilisent certaines orchidées pour pouvoir se reproduire (et donc survivre) : la fleur fait croire à l’insecte qu’elle est sa femelle en agissant sur sa chimie afin de le piéger pour le charger de pollen puis le libère pour qu’il aille féconder une autre orchidée. Dans son monde les vampires font de même pour attirer les êtres humains dans les « passages » afin qu’ils leur amènent du sang neuf. Mais dans le roman les vampires ne font pas grand-chose d’autre que piéger les humains et se présentent comme une aristocratie qui arrive en fin de droit.

Le sujet de l’histoire n’est pas les vampires mais le principe du vampirisme tel qu’il est mis en place par l’auteur. Si le détective Jean Calmet affirme qu’Anne Rice n’y connaît rien aux vampires, on a bien compris que l’auteur, lui, s’y connaît en fleurs…

Philippe Fabre Rubio

Ruines. Alain Pelosato. Editions Naturellement. 1998.