A propos de ”Ruines” :

Gaston Compère,Michel Pagel et Alain Pelosato pour le domaine francophone, (…) ont su apporter une contribution personnelle et originale au mythe littéraire du vampire.

Jean Marigny

R U I N E S

Alain PELOSATO

…. Une vampire déguisée en fleur..

 

Jean Calmet, détective privé de son état, et descendant du fameux R.P Calmet (auteur du Traité sur les vampires) est appelé par son psychanalyste et ami Louis Maville pour l’aider à résoudre le cas d’un de ses malades : le criminel Anatole Krim.

Le docteur Maville lui confie alors une cassette vidéo de ses entretiens avec Anatole Krim. Jean Calmet est tout de suite intrigué par l’histoire de cet assassin qui raconte avoir voyagé dans un monde parallèle au nôtre gouverné par des vampires qui envisagent de venir s’installer sur notre monde.

Son ami psychanalyste étant assassiné lors d’une séance par Anatole. Jean Calmet décide de se mettre à la recherche du meurtrier en fuite.

Son point de départ est une auberge où travaille une séduisante serveuse, Véronique, qui est à l’origine du passage d’Anatole dans le monde parallèle. Celle-ci l’ayant séduit et entraîné dans ne vieille demeure bourgeoise qui possède un « passage ».

Dans ce monde policier, les êtres humains sont divisés en deux catégories : les servants (policiers et ouvriers) et le bétail humain qui vit dans de gigantesques ghettos des banlieues où ils sont impitoyablement décimés. Mais une mutation biologique a créé les « monstres », des enfants dont le sang permet de tuer à petit feu les vampires.

Or ceux-ci ne sont plus que quelques uns et se sentent menacés d’une part par la révolte des « monstres » et d’autre part par l’état policier qu’ils ont mis en place et qu’ils ne maîtrisent plus.

Peu à peu, Jean Calmet va dénouer les fils d’un complot interplanétaire et démasquer ceux qui parmi nous protègent les « passages » cachés dans les HLM abandonnées ou les vieux châteaux polonais.

Si l’amorce du romain d’Alain Pelosato est un peu difficile, on a beaucoup de mal ensuite à lâcher l’enquête de son héros Jean Calmet jusqu’au dénouement.

L’idée même et l’utilisation d’un monde parallèle saura séduire les fans de Philip K.Dick et de ce type de récit dont on peut apprécier l’allégorie politique (en ces temps où il ne fait pas bon être dictateur).

Côté vampires, certains seront un peu déçus. L’auteur a privilégié la puissance de séduction des vampires. L’idée d’un « labelle » est très intéressante, il a reproduit la technique qu’utilisent certaines orchidées pour pouvoir se reproduire (et donc survivre) : la fleur fait croire à l’insecte qu’elle est sa femelle en agissant sur sa chimie afin de le piéger pour le charger de pollen puis le libère pour qu’il aille féconder une autre orchidée. Dans son monde les vampires font de même pour attirer les êtres humains dans les « passages » afin qu’ils leur amènent du sang neuf. Mais dans le roman les vampires ne font pas grand chose d’autre que piéger les humains et se présentent comme une aristocratie qui arrive en fin de droit.

Le sujet de l’histoire n’est pas les vampires mais le principe du vampirisme tel qu’il est mis en place par l’auteur. Si le détective Jean Calmet affirme que Anne Rice n’y connais rien aux vampires, on a bien compris que l’auteur, lui, s’y connaît en fleurs…

 

Philippe Fabre Rubio

 

Ruines. Alain Pelosato. Editions Naturellement. 1998.

 

Dans la revue Requiem N° 9 (archives du vampirisme)